3 questions à… Jean Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État chargé du tourisme

Nous avons posé 3 questions à Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État chargé du tourisme auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur la reprise du tourisme et les enjeux de la filière tourisme de savoir-faire dans le contexte actuel.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères apporte un soutien de longue date aux actions portées par Entreprise et Découverte. Depuis 2012, la filière du tourisme de savoir-faire a connu une augmentation de 20% du nombre de visiteurs dans les entreprises (15 millions de visiteurs aujourd’hui), et le nombre de visiteurs étrangers a doublé, passant de 10 à 21%.

Pourquoi cette nouvelle filière du tourisme culturel est-elle intéressante et importante pour les territoires ? 

Le tourisme tricolore a de nombreux visages, et chacun d’entre eux tire le meilleur de ce qu’est notre pays. La France, entre mille autres choses, c’est le pays des savoir-faire ! Alors, ce n’est pas un hasard si, dès 2015, le Ministère des Affaires étrangères a souhaité accompagner le développement de la filière de tourisme de savoir-faire. Elle constitue une exceptionnelle opportunité pour renforcer l’attractivité des destinations, et donc de la France à l’international. L’offre française de visite d’entreprise, de par son volume, sa richesse, sa diversité et son déploiement sur tout  le territoire, est un atout majeur que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde. Le Gouvernement a donc décidé de soutenir cette filière qui renouvelle l’offre de tourisme culturel pour renforcer sa compétitivité en s’appuyant sur des entreprises fers de lances de la structuration de cette offre. Je pense à Saint James, Fragonard, EDF et bien d’autres encore. C’est aussi ce qui a conduit à la création de la marque « France savoir-faire d’excellence » portée par l’association Entreprise et Découverte, en partenariat avec le  Ministère des Affaires étrangères, le Ministère de la Culture et notre opérateur Atout France.

Lancement de la marque « France savoir-faire d’excellence » au Quai d’Orsay en 2019

Nous devons saluer l’engagement de tous les acteurs de cette filière qui permet la progression constante de la fréquentation des sites de savoir-faire. Ce tourisme dynamique est un facteur d’attractivité qui bénéficie aux entreprises et aux territoires en générant des retombées économiques.

Depuis 2019, nous pouvons nous féliciter de la reconnaissance de cette pratique touristique innovante, de l’audience croissante qu’elle rencontre auprès du public et de l’intérêt grandissant que lui portent les pouvoirs publics, avec notamment l’appel à projet de la Direction Générale des Entreprises (pour lequel Entreprise et Découverte a été retenue en 2020). La structuration et le développement de l’offre de tourisme de savoir-faire est un enjeu important pour les territoires qui sont pleinement intégrés à ce nouveau projet.

En quoi le tourisme de savoir-faire peut-il participer à la relance française (découverte des savoir-faire locaux, valorisation des circuits courts, relance de la production locale, création d’une nouvelle filière du tourisme adaptée post-Covid, de proximité, durable, « expérientielle ») ?

La crise sanitaire, on le sait, a mis le tourisme sur pause. Mais elle aura au moins eu un mérite : chacun désormais mesure le poids de cette industrie à la fois dans nos vies et dans notre économie. Le tourisme, j’en suis convaincu, sera un instrument de la relance. Il a vocation à irriguer l’ensemble de nos territoires. Les nombreux savoir-faire dont nous disposons sont autant de produits touristiques d’excellence qui renforcent l’attractivité de la destination France en permettant non seulement de diversifier l’offre touristique mais aussi de mieux répartir les flux sur l’ensemble du territoire français. Ils sont le témoignage vivant d’une culture, d’une histoire et un patrimoine qui font la renommée et la fierté de la France. Ce tourisme de savoir-faire est vecteur de résilience et de développement durable. Economiquement, pour les entreprises françaises en apportant un complément de revenu, en valorisant les marques et produits français, et indirectement pour les lieux d’implantation de ces offres. Socialement, car il est générateur d’emplois et de fierté pour les employés des usines et ateliers visités mais également des populations locales. Ce que trouve le visiteur qui se rend au cœur de ces établissements, est une expérience unique de partage et d’authenticité. C’est aussi une rencontre avec les femmes et les hommes qui quotidiennement œuvrent au partage de leur savoir-faire, de leur geste, de leur expérience. Ce tourisme répond aux nouvelles aspirations des touristes (découverte hors des sentiers battus, tourisme de sens, de proximité) et met en avant la position d’exception culturelle de l’offre française dans un environnement ultra concurrentiel de reprise du tourisme à l’échelle mondiale.

Vous avez récemment déclaré dans la presse vouloir « un été bleu blanc rouge ». N’est-ce pas une occasion idéale d’encourager les Français à découvrir la richesse des savoir-faire français ?

L’été dernier, les français et nos proches voisins européens ont été au rendez-vous du tourisme tricolore. Cet été, notamment grâce aux efforts de chacun et à la campagne de vaccination d’envergure que le gouvernement a déployée, les Français pourront voyager. Ce sera également le cas pour nombre de touristes étrangers, à commencer par ceux des pays de l’Union européenne grâce notamment au certificat numérique Covid européen. J’encourage donc à la fois les Français et tous ceux qui le peuvent à venir découvrir ou redécouvrir les richesses touristiques françaises. Une campagne française et européenne d’ampleur des destinations nationales portée par Atout France est lancée pour faire de cette saison ce fameux été « bleu, blanc, rouge » avec des résultats escomptés supérieurs à l’année passée. Je dois saluer dans cette réussite également, Entreprise et Découverte, qui a déployé une très belle campagne dédiée au tourisme de savoir-faire dont je me suis fait l’écho. Cette année encore, nous devons miser sur toutes nos expériences des savoir-faire comme des éléments pleinement constitutifs du séjour touristique français. J’ai confiance.

Un grand merci à Monsieur Jean-Baptiste Lemoyne d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Commentaires

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Pascal - Le 01 juin 2021

Tout s'éclaircit.

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