L’automne arrivant, on la plébiscite pour la chaleur dont elle nous entoure. Que ce soit dans l’habillement, la décoration pour la maison ou les usages plus techniques, la laine est partout. Mais que savons-nous vraiment sur sa provenance et les techniques de transformation nécessaires avant d’arriver au produit fini ? Embarquez avec nous pour un voyage au pays de la laine !

La tonte, indispensable pour le bien-être de l’animal

Contrairement aux idées reçues, la tonte est nécessaire pour assurer le bien-être des moutons. La laine est une fibre qui pousse en continu sur le corps de l’animal, le protégeant des agressions du froid, mais pouvant devenir gênante lors de fortes chaleurs. Lorsque la toison s’épaissit, elle devient humide, et peut même moisir sur le corps de l’animal. La tonte, en plus d’alléger l’animal, évite ainsi le développement de parasites externes (tiques par exemple) et permet d’assainir l’atmosphère des bergeries, en évitant un niveau d’humidité trop important.

A savoir :

  • Il faut 3mn en moyenne à un bon tondeur pour enlever la toison de l’animal, qui se tient alors d’une seule pièce.
  • Selon les races, un mouton peut produire entre 3 à 5 kg de laine par an !
©Ardelaine

La laine française, source de coût pour les éleveurs

Alors que l’Hexagone voit brouter plus de 6 millions de brebis dans ses prairies, la filière laine a quasiment disparu du territoire. Depuis l’essor des matières synthétiques dans les années 80, les cours de la laine ont chuté sur les marchés internationaux. A tel point que la laine issue de la tonte est maintenant perçue comme un sous-produit voire un déchet de l’évelage, alors que la France en produit environ 14 000 tonnes par an. Aujourd’hui, plus de 80% de la laine française issue de la tonte des moutons est exportée à l’étranger, principalement vers l’Inde et la Chine.

prime lambs on green grass

Des savoir-faire qui se raréfient

De la toison tondue aux produits finis, le chemin peut être long ! En effet, il faut trier la matière première de la tonte, et ensuite procéder à différentes étapes pour obtenir une matière exploitable. Le lavage va ainsi débarraser la laine brute des matières organiques, végétales et minérales restantes. La deuxième étape du cardage va quant à elle permettre d’aérer et d’étirer la laine, et de mettre l’ensemble des fibres dans le même sens. Viennent ensuite les étapes du peignage, du filage pour arriver jusqu’à la teinture.

Or, les entreprises françaises en capacité d’assurer ces étapes de transformation indispensables sont extrêmement rares aujourd’hui. Seule une entreprise sur le territoire possède encore une colonne de lavage, les établissements Laurent Laine en Haute-Loire. Les filatures sont elles aussi très rares à exercer encore aujourd’hui, comme la Filature Terrade dans la Creuse.

© Filature Terrade

Des initiatives qui se multiplient pour relancer la filière

Pourtant, la laine française n’a pas dit son dernier mot ! De plus en plus d’initiatives locales voient le jour pour relancer la filière, des éleveurs aux ateliers de transformation. A l’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, la Filature Brun de Vian-Tiran travaille depuis 1808 des fibres lainières et nobles pour produire des étoffes haut-de-gamme. La Filature a ainsi mené un long travail pour retrouver des cheptels producteurs de laine Mérinos d’Arles, laine la plus fine qui soit. La Filature, en relançant cette production lainière avec les éleveurs de la région, a déposé la marque exclusive Laine Mérinos d’Arles. Aujourd’hui, 15 éleveurs de la région travaillent exclusivement pour la Filature.

© Filature de Brun Vian Tiran

Un événement national autour de la laine

C’est au pays de la tapisserie que la laine est à l’honneur ! Depuis 20 ans, la ville de Felletin dans la Creuse accueille les Journées Nationales de la Laine, qui se déroulent cette année du 29 au 31 octobre. 3 jours de rencontre et d’échanges avec des exposants venus de toute l’Europe, et de belles visites pour découvrir les entreprises du secteur toujours en activité !

Au programme : salon de créateurs, initiations et démonstrations, conférences et visites de la Manufacture Pinton, des filatures Terrade et Fonty, sans oublier la Cité internationale de la Tapisserie à Aubusson.

Informations et réservations : https://journeesdelalaine.wixsite.com/felletin

© Ateliers Pinton

Commentaires

CHAIGNEAU André - Le 30 octobre 2021

L'industrie de la laine fit la richesse du Pays de Carcassonne et de sa montagne au XVIII° siècle, pour disparaitre partiellement au début du XIX° s. Aujourd'hui totalement disparue...même de la mémoire collective.
J'ai réalisé des maquettes au 2/3 environ, à l'emplacement d'un ancien moulin. Maquettes de moulin foulon, de martinet et de moulin à huile entrainées par une roue hydraulique. Les visiteurs adultes sont particulièrement intéressés par le fonctionnement, mais surtout par les explications qu'avec un ami, nous sommes amenés à donner, replaçant ces moulins dans leur contexte historique régional.

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