Les {RDV du Mercredi} #81 – Ces Professionnels qui font la visite d’entreprise / Savonnerie Marius Fabre

Les {RDV du Mercredi} #81 – Ces Professionnels qui font la visite d’entreprise / Savonnerie Marius Fabre

Cette semaine dans notre nouveau {RDV du Mercredi}, nous avons le plaisir de mettre à l’honneur la Savonnerie Marius Fabre, avec Julie Bousquet-Fabre, arrière-petite-fille de son fondateur Marius Fabre !

Julie, vous pouvez nous raconter en quelques mots l’histoire de la savonnerie Marius Fabre ?

 La savonnerie MARIUS FABRE est fondée en 1900 à Salon-de-Provence par Marius Fabre, mon arrière-grand-père, en même temps que beaucoup de ses confrères salonnais.

Le début du 20ème siècle est véritablement l’âge d’or de la fabrication du savon de Marseille dans toute la région marseillaise. A l’époque, Salon-de-Provence est le 2ème  pôle de fabrication après Marseille.
Les savonneries se multiplient et contribuent à la prospérité économique générée par l’huile d’olive, s’intégrant dans une filière réunissant production, négoce et fabrication de produits finis.

A 23 ans, mon arrière-grand-père termine son service militaire et crée sa propre savonnerie. Il y fabrique un savon pur végétal à base d’huiles végétales selon le procédé « Marseillais » : la fabrication se déroule en 7 étapes bien spécifiques sur près de 14 jours.

La 1ère guerre mondiale n’interrompt ni la fabrication, ni la vente du savon de Marseille malgré la mobilisation de mon arrière-grand-père dès le début du conflit et pendant 4 ans. Mon arrière-grand-mère, Marie Fabre assure en effet la continuité de l’entreprise, aidée par un vieux contremaître italien.

En 1918, mon arrière-grand-père a la chance de revenir du conflit. Avec la reconstruction, l’industrie du savon de Marseille redevient florissante. En 1927, à l’étroit dans sa petite savonnerie de la rue du 4 septembre, Marius Fabre achète un bâtiment plus grand, toujours à Salon-de-Provence, pouvant accueillir d’immenses chaudrons nécessaires à la fabrication du savon.

Sur ce site, l’entreprise développe son activité tout au long du 20ème siècle avec des hauts et des bas… Dans les années 50, l’invention des détergents de synthèse, des poudres à laver et de la machine à laver entraine le déclin du savon de Marseille : la plupart des savonneries de la région mettent la clé sous la porte.

Avant 1914, il y avait plus de 100 savonneries à Marseille et 15 à Salon-de-Provence.Aujourd’hui nous ne sommes plus que 5 : 2 à Salon et 3 à Marseille.

Nous sommes toujours présents sur le même site et continuons à fabriquer le savon de Marseille comme il y a 114 ans, avec une cuisson au chaudron. Un procédé traditionnel qui n’a pas pris une ride et qui est resté unique au monde : aucun autre savon n’est fabriqué de cette manière.

 

C’est justement pour protéger ce fameux savon que avez lancé, avec l’Union des Professionnels du Savon de Marseille, le label Savon de Marseille Garanti ? Comment en avez-vous eu l’idée  ?

Elle est née d’un constat : le savon de Marseille n’avait jusqu’alors jamais été protégéet ne bénéficiait pas d’une appellation protégée. Parce que l’un et l’autre sont très attractifs, de multiples copies – étiquetées « savon de Marseille » alors qu’elles n’ont rien d’un savon de Marseille – sont vendues depuis des années et l’appellation est aujourd’hui très galvaudée. Jusqu’à présent nous avions peu de moyens d’action si ce n’est communiquer et faire visiter notre entreprise, dire et montrer que le savon de Marseille Marius Fabre est fabriqué dans la tradition avec le procédé marseillais.

Pour aller plus loin, avec trois savonneries encore en activité, nous avons déposé une marque collective avec un logo semi-figuratif. Ce logo représente un petit cube de savon de Marseille et il est apposé sur nos emballages et nos savons : il garantit l’achat du véritable savon de Marseille.

A cette marque est associée une charte de fabrication du savon de Marseille qui respecte 3 critères simples définis depuis plusieurs siècles :
– la composition pur végétal,

– le procédé de fabrication à la Marseillaise

– l’origine géographique.

Est-ce seulement pour garantir cette transparence vis-à-vis du public que vous ouvrez vos portes ?

 

Nous avons commencé, il y a au moins 20 ans, pendant les Journées du Patrimoine, car nos clients étaient très demandeurs de visiter la production. Et notre musée du savon de Marseille a déjà 15 ans. A l’époque nous étions des précurseurs !

La demande et l’intérêt des visiteurs salonnais nous ont ensuite poussés à ouvrir plus régulièrement nos portes pour faire découvrir notre fabrication, témoin vivant du véritable patrimoine provençal français.

Aujourd’hui, au-delà de notre volonté de faire découvrir ce patrimoine, ces visites répondent aussi à notre souci de transparence et de communication sur notre savoir-faire et nos produits.

Pour une entreprise comme la nôtre, la visite d’entreprise est un outil de communication efficace.

Qu’est-ce qui surprend le plus les visiteurs ?

 

La fabrication et les chaudrons car le public est loin de penser que le savon de Marseille se fabrique de cette manière. Dès le début de la visite, il est transporté dans l’atmosphère d’une usine de la fin du 19ème siècle que nous avons gardé « dans son jus ».

Au-delà de l’architecture du lieu, les visiteurs sont fascinés par la fabrication, les chaudrons, le découpage, l’estampillage. Ils prennent conscience que l’intervention de l’homme est toujours très présente et que la fabrication est artisanale. Nous sommes aux antipodes des usines, implantées dans des zones industrielles, ressemblant à des boites à chaussures et fortement automatisées.

Ici, en plein centre de Salon-de-Provence, la visite de notre savonnerie, avec son âme, se révèle être une expérience incomparable.

Votre situation exceptionnelle en plein cœur de Salon-de-Provence attire-t-elle plus de visiteurs ?

 

Cela dépend beaucoup de la période. Lors de la saison touristique, nous attirons plus de touristes. Non pas par hasard, car nous ne sommes pas dans un lieu de passage, mais parce qu’ils veulent visiter ou acheter à la boutique. La majorité d’entre eux viennent par l’intermédiaire des guides touristiques. Nous avons majoritairement une clientèle française, suivie d’italiens, de belges, d’anglais et de suisses.

Tout au long de l’année, grâce au bouche à oreille, nous recevons beaucoup de locaux qui nous connaissent et reviennent avec les amis ou la famille.

Quel est votre produit phare en sortie de boutique ?

 

Le savon de Marseille et le savon noir qui reflètent véritablement notre savoir-faire !

La Savonnerie Marius Fabre vous accueille toute l’année pour des visites guidées, pour les individuels et les groupes.

>> Informations sur les visites : http://bit.ly/1wtrD7Q

Toute l’équipe d’Entreprise & Découverte remercie chaleureusement Julie BOUSQUET-FABRE.

 

©Agence Caméleon; Ph. Al. Camilleri; G. Martin Raget; L.Taveneau; Union des Professionnels du Savon de Marseille

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